JO PRIVAT
 
 
 
    Le dico à JO
    Musique à JO
    Disques à JO
    Livres à JO
    Titres à JO
    La voix de JO
    Articles
    Partitions
    Vidéos
 
  Disque Manouche Partie. Collection : Emile SOTOCA  

 Richard GALLIANO et Tangaria Quartet 

SwingJO - Jo Privat - Richard GALLIANO 2008 Vernon

Vous l'aviez remarqué, j'ai quelque peu délaissé la plume Sergent Major (du moins sur la partie visible de l'iceberg)... Certes j'ai encore des choses à dire mais le temps ne m'en laisse pas le temps :)
Heureusement, mon fidèle rédac' chef Amati, malgré ses nombreuses activités, trouve le temps de nous conter régulièrement les exploits sur scène des musiciens que nous aimons. Aujourd'hui, vous pourrez entendre sous sa plume les notes merveilleuses de Monsieur Richard GALLIANO, excusez du peu !
Bonne lecture,
tony


Victoria Richard GALLIANO Victoria Richard GALLIANO Victoria Richard GALLIANO

Le premier set démarre par une inattendue présentation des musiciens.
Comme ça : c'est fait !

Tango pour Claude, Laurita, Fou rire ouvrent le bal et sont restitués fidèlement à leurs versions originales. Une belle mise en bouche "oldies but goldies" rassurante. Ambiance cent pour cent Galliano Richard, et non pas John comme l'a dit un élégant étourdi dans la file d'attente!

Avec un son irréprochable, la soirée s'annonce très très haut de gamme. Basse profondes et chaleureuses et haut du spectre ultra sonique à la précision chirurgicale mais inoffensive pour nos délicats tympans : un son audiophile rarement obtenu dans une salle de concert. Certes l'espace Philippe-Auguste de Vernon (Eure) propose des conditions d'écoute optimales. Néanmoins le soin apporté à la prise de son est indéniable et contribuera beaucoup à décupler le talent des quatre virtuoses.

Tangaria est la contraction de Tango et Aria nous explique Richard au micro. C'est aussi le nom de l'une de ses nouvelles compositions, aux saveurs Sud-Américaines. Le commentaire rieur de Richard laisse deviner que nous avons eu droit ce soir à une version complètement inédite de "Tangaria". Pas de doute, un "couac" pour employer une expression à la mode, a eu lieu. Mais aucun mea culpa en public devant des caméras de boîtes à blaireaux n'est à exiger ce soir. Les quatre pros sont agilement retombés sur leurs pattes avec une rare souplesse. Qui aurait pu le déceler sans la remarque amusée de Richard : "Ce serait un peu long à vous expliquer...". Un problème de non respect de la structure peut être. Rien d'audible et de redoutable. Nous sommes en direct live et l'imprévu peut survenir, c'est rassurant!

La suite de notre périple musical nous révèle que le tango et l'aria ne sont que pas les deux composantes exclusives de l'Opus livré ce soir par Tangaria. Les valses, le New Musette, les ballades, le swing musette et même Erik Satie, constituent également le répertoire de l éblouissante formation.

Pas de batterie de jazz volumineuse et de coiffure excentrique pour Rafael Méjias le percussionniste imberbe Vénézuélien, assis sur son cajon, armé d'une paire de maracas, il impressionne par sa manière de gérer la constance et la finesse du timbre de ses ustensiles. Ses interventions d'une précision surnaturelle sont souvent humoristiques à la grande satisfaction de Richard hilare des pitreries de Rafaël sur le magnifique et original "Chat pitre".
Rafaël n'usurperait pas un titre de Doctore ès Maracas tant sa maîtrise est impressionnante et remarquable.

"Barbara" une splendide composition de Richard, nous immerge avec émotion dans l'univers de tous les fabuleux thèmes de la longue dame brune en filigrane. Avec ce très très bel hommage de Nantes à Götingen le voyage se poursuit en pays Sertaõ sur le continent du compatriote du Doctore ès Maracas, l'excellent violoniste Alexis Cardenas. Sa justesse est sidérante et ses montées délicates dans l'extrême aigüe sont succulentes. Son archet tutoie le soufflet Victorien à la perfection.

Charpente solide du quartet, l'antique contrebasse du belge Philippe Aerts obtient son moment de gloire durant un long et magnifique chorus sur Giselle en duo avec l'accordina de Richard. Philippe nous offre un superbe chorus tout dans l'aigüe. Ce sera le seul titre interprété avec cet étrange instrument mutant entre l'accordéon et l'harmonica. "Le duo de la souris et de l'éléphant" précise Richard en tapotant son abdomen malicieusement pour ajouter qu'il "parle exclusivement des instruments!". Ce qui n'est pas sans déclencher l'hilarité instantanée de la salle. Cette ambiance bon enfant contraste avec le haut niveau des interprétations et la dose de concentration qu'elles exigent. Paradoxalement tout parait facile, logique, limpide dans une ambiance décontractée.
Victoria Richard GALLIANO Victoria Richard GALLIANO Victoria Richard GALLIANO
La Valse à Margaux sauce Tangaria délivre une infinie dose de frissons New Musette. L'apogée est atteinte durant le pur moment d'accordéon solo sur Aria de Bach. Le Victoria pleins jeux est sous très haute pression ! On frôle franchement la rupture de lames. Nous avions pourtant eu un large éventail des différents registres du Victoria. Avec cet Aria c'est l'explosion d'harmoniques organistiques pour ne pas dire orgasmiques ! L'auditoire est subjugué par cette leçon de musique classique interprétée à ... l'accordéon. Et pourtant nous avons tous entendu les grandes orgues de Notre Dame de Paname.

Tangaria se reforme et le set classique se poursuit avec une inattendue suite ensorcelante et relaxante d'Erik Satie. Apportant cette fois une agréable couleur orientale. Clin d'½il insolite de Richard, le thème de "Il était une fois dans l'ouest" d'Ennio Morricone clôture cette version magistrale.

Tony Muréna et Joseph Columbo nous ramènent « à la maison » au pays du Swing Musette avec une des plus belles versions de Indifférence jamais entendue dans l'univers! Un spectateur manifestement fan de Swing Musette ne peut s'empêcher de lâcher un énorme "Woaooooo!!" admiratif à l'annonce du titre. La salle pouffe de rire avant les arpèges de mi mineur du chef d'½uvre. Cette version constitue le moment d'apothéose de la soirée. Elle commence pianissimo en dialogue violon/accordéon pour devenir fusionnelle sur d'enivrants unissons, sur un Tempo vif servi par une haute virtuosité. Mais du swing du swing du swing à revendre. Et le chorus ? Gallianissime! La longue séance d'applaudissements qui lui succède récompense le quartet.

Nous retournons à Buenos Aires avec un sublime Oblivion Piazzollissime. Sans bandonéon certes mais la fidélité de la registration du Victoria fait mouche encore une fois. Moment fort aussi, New York Tango, le générique la série TV PJ avec un final monstrueux de dynamique. PJ joué par RG : décidément nous sommes en pleine logique policière!

En hommage à Serge Gainsbourg, la Javanaise Gallianesque reprise en c½ur par le public est un instant très émouvant. Il ne manque que les briquets allumés. Le pompier de service a eu chaud.

Il nous faudra plusieurs longues secondes de réaction pour se décoller et émerger de nos fauteuils. Terminus tout le monde descend : le voyage est terminé. Les cages à miel sont encore pleines de mélodies colorées. Trois rangs devant moi je remarque la mine réjouie de l'immense Leny Escudéro (résidant à Giverny à trois pas de Vernon), venu en spectateur averti applaudir Tangaria.

Mon voisin ébahi m'avoue honnêtement qu'il ne connait rien au monde de l'accordéon et me demande s'il existe d'autres accordéonistes comparables à l'extra-terrestre qui vient de quitter la scène. Mon NON catégorique et spontané l'interrompt avant même qu'il ait terminé de formuler sa question. N'en déplaise à tous les excellents accordéonistes, ils sont pourtant nombreux, je vais me faire plein de copains en écrivant ça mais "j'assume" comme dit un président statistiquement mal aimé.

Quand on vient de vivre une leçon de musique pareille plus rien d'autres ne semble capable de procurer autant d'émotions musicales fortes que ... l'incroyable accordéon du Maestro Richard Galliano.

Bravo Tangaria Quartet pour ce beau voyage.
Bravo à Victoria pour produire d'aussi beaux instruments.
Bravo Maestro GALLIANO.

Remerciements particuliers à l'équipe de l'Espace Philippe Auguste de Vernon pour son accueil chaleureux et son amabilité exceptionnelle.


Texte et photos AMATI


Richard GALLIANO pour SwingJO accordeon Victoria de Richard GALLIANO


Pour vous rendre sur le site de Richard GALLIANO, un petit clic sur la photo ci-dessous.

Le site de Richard GALLIANO



Article écrit par tony le 08/05/2008 (lu 6398 - catégorie : Sur la scène) - Imprimer cette news





SwingJO © 2001 - site conçu et réalisé par tony

à ce jour : 2289400 visiteurs.